YAOUNDE (Xinhua) - une banque agricole et une autre dédiée aux petites et moyennes entreprises (PME) ont été créées par le gouvernement, dotées chacune d'un capital de 10 milliards de francs CFA

Samedi 4 juin 2011 | 09:23 UTC

Annoncées en janvier par le président Paul Biya, à l'occasion d'un comice agropastoral à Ebolowa, principale ville de sa région natale du Sud, une banque agricole et une autre dédiée aux petites et moyennes entreprises (PME) ont été créées par le gouvernement, dotées chacune d'un capital de 10 milliards de francs CFA (environ 20 millions de dollars américains).

Sous les noms respectifs de Cameroon rural financial corproation (Carfic) et de Banque camerounaise des PME (BC PME S.A.), les deux institutions destinées à répondre au besoin du financement du monde rural et les PME ont vu le jour à l'issue d'Assemblées générales constitutives mercredi à Yaoundé, portant à 15 le nombre des établissements bancaires au Cameroun.

Pays à 60% agricole d'après les statistiques officielles, le Cameroun se caractérise cependant par une économie extravertie. Chaque année, ce sont des centaines de milliards qui sont dépensés pour les importations de produits agricoles, parmi lesquels le riz et le blé pour pouvoir satisfaire la demande nationale. Pour le ministre des Finances, Essimi Menye, le gouvernement espère obtenir l'agrément d'ici juillet de la Commission bancaire d'Afrique centrale (Cobac) pour les deux nouvelles banques.

"La procédure va se poursuivre en soumettant pour avis conforme à la Commission bancaire d'Afrique centrale et par la suite la nomination des responsables sera faite par la plus haute autorité", a-t-il dit. Mais, des organisations de la société civile comme l'Association camerounaise pour la défense des intérêts des citoyens (Acdic) basée dans la capitale ont dénoncé la création de ces institutions, les qualifiant de "banques des fonctionnaires", en référence à la malheureuse expérience de l'ex-Fonds de garantie et d'appui à la petite entreprise (Fogape) qui a eu faire faillite en raison d'une mauvaise gestion et de crédits octroyés aux responsables camerounais et non remboursés.