La Norvège a reconduit vendredi les quotas de chasse à la baleine pour 2012, autorisant ses baleiniers à harponner 1.286 rorquals, malgré leurs difficultés persistantes à atteindre le nombre permis de prises.

Greenpeace, de son côté, a protesté contre la redistribution géographique des quotas décidée, selon l'organisation, sous la pression des baleiniers. La Norvège est, avec l'Islande, le seul pays à pratiquer une chasse commerciale au petit rorqual (ou baleine de Minke), en dépit d'un moratoire international entré en vigueur en 1986 mais auquel les deux pays ne s'estiment pas liés, ayant émis des réserves officielles à l'égard du texte.

Le Japon pratique aussi la chasse, mais officiellement à des fins scientifiques, même si une grande partie de la viande est ensuite écoulée sur le marché. Saison après saison, les chasseurs de baleines norvégiens peinent toutefois à remplir leurs quotas, invoquant tour à tour l'engorgement des usines de conditionnement, le coût élevé du carburant, des zones de chasse trop éloignées ou encore des conditions météorologiques défavorables.

Pour leur faciliter la tâche, le gouvernement a décidé cette année de fusionner deux zones de pêche dans le Grand Nord, ce qui leur donne plus de latitude pour se concentrer sur la population de baleines vivant autour de l'archipel du Svalbard (Spitzberg), dans l'Arctique.

Aucun danger
"La population de baleines est abondante dans ces eaux et les conditions météorologiques y sont relativement bonnes", a expliqué à l'AFP un haut-responsable du ministère de la Pêche, Ole-David Stenseth. "Vu le niveau modeste des prises, nous avons jugé que cela ne faisait peser aucun danger sur la population locale de baleines tout en rendant la chasse plus effective", a-t-il dit.

Mais Greenpeace a critiqué cette décision. "Au lieu de lui donner des carottes lui permettant de se maintenir en vie, le gouvernement serait mieux avisé d'organiser un démantèlement bien ordonné de l'activité baleinière", a déclaré Truls Gulowsen, le responsable de la branche norvégienne de l'organisation. "Cette activité est tout simplement superflue et elle est condamnée à mourir", a-t-il dit.

En janvier, la Direction norvégienne des pêches s'était inquiétée du recul prononcé du nombre de bateaux participant à la chasse depuis une décennie: seuls 19 navires y ont pris part l'an dernier contre 33 dix ans plus tôt. Les défenseurs des baleines disent y voir la conséquence de la désaffection croissante des consommateurs pour la viande du cétacé. (afp)
17/02/12 15h13