Lundi, lors d'une réunion des ministres de la Pêche à Bruxelles, la France avait l'occasion de réduire l'arrivée d'immigrés africains sur le sol français et l'a laissée passer. En effet, dans le cadre de la réforme de la politique commune de la pêche, les ministres discutaient des accords avec les pays tiers. Tous, Français inclus, ont volontairement oublié d'évoquer la limitation des captures des navires européens dans les eaux des autres pays.

Du coup, accusent Greenpeace et quelques ONG, l'Europe continuera à détourner à son profit des centaines de milliers de tonnes de poissons qui pourraient nourrir les pêcheurs locaux - africains, notamment - et les empêcher de quitter leur pays pour venir en France se nourrir avec... leur pêche. La France, l'Espagne et le Portugal ont toujours préféré soutenir leur flotte industrielle.

C'est un choix. Greenpeace note qu'"un bateau industriel européen pêche en un jour autant que 56 embarcations mauritaniennes en un an". Aujourd'hui, l'UE pêche le quart de ses poissons hors de ses eaux et, parmi les navires impliqués, 14 % sont français.