Des patients lyonnais atteints de graves lésions à la cornée ont été soignés avec succès.

C'est une avancée médicale de premier plan pour les malvoyants. Le Pr Carole Burillon, chef du service de l'hôpital Edouard-Herriot du CHU de Lyon, a présenté cette semaine les résultats d'une nouvelle technique chirurgicale qui permet de soigner de patients atteints de graves lésions à la cornée. Une cinquantaine de patients seraient concernés chaque année, révèle Le Figaro jeudi.

Il s'agit de personnes dont le limbe a été détruit, ce qui entraînent un obscurcissement de la cornée. Certains patients souffraient aussi d'ulcères douloureux.
6 des 9 aveugles ont connu des améliorations

Ces interventions chirurgicales ont été réalisées en plusieurs étapes. D'abord, des cellules sont prélevées dans la bouche du patient puis ensuite mises en culture pendant quelques semaines avant enfin d'être implantées sur la cornée.

Les résultats sont impressionnants : 22 patients sur 23 ont noté une amélioration globale de leur qualité de vie. Onze malvoyants sur quatorze ont augmenté leur acuité visuelle et six des neuf patients, initialement presque aveugles, ont retrouvé une partie de la vue. L'effet de cette intervention ressemble à un coup d'essuie-glace sur un pare-brise, compare Le Figaro. Lors de ces autogreffes, l'équipe médicale n'a noté que deux échecs (pour inflammation grave) et un patient dont les médecins sont restés sans nouvelles.
"Pas de problème éthique"

Cette technique chirurgicale semble présenter de nombreux avantages. "On évite les rejets, on dispose d'un capital cellulaire à greffer conséquent, on évite d'affaiblir l'œil sain en cas d'atteinte unilatérale et enfin il n'existe pas de problème éthique tel que ceux rencontrés avec les cellules souches embryonnaires. De plus, cela permet dans la plupart des cas de guérir la pathologie cornéenne en rétablissant sa transparence et de ne pas devoir réaliser une greffe de cornée avec trois ans de recul", a expliqué le Dr François Malbrel.

Les études doivent se poursuivre. L'équipe lyonnaise compte décrocher une autorisation spéciale d'ici à la fin 2012 pour poursuivre les essais avant de lancer une étude plus large à l'échelle de l'Europe.